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A la une - National - 11 juin 2022

Gaz: Quand l’Espagne et l’UE défoncent une porte ouverte

La suspension par l’Algérie du Traité d’amitié, de bon voisinage et de coopération avec le Royaume d’Espagne, conclu en octobre 2002, continue de faire jaser et fait la Une des médias de toute la planète. Cependant, et alors qu’on s’attendait à un discours apaisant de la part de l’Union européenne, voilà que cette dernière pond un communiqué à la limite de la virulence, voire menaçant à l’égard de notre pays. 

« Les relations bilatérales des pays tiers avec les différents États membres de l’UE font partie de leurs relations avec l’UE. Nous sommes prêts à s’opposer à tout type de mesures coercitives appliquées contre un État membre de l’UE », prévient l’instance européenne qui nuance cependant ses propos en insistant sur l’urgence du dialogue avant d’appeler l’Algérie à réviser cette décision.

En filigrane, on sent clairement un vent de panique qui commence à souffler sur l’Espagne via l’UE. Des espagnols qui semblent trahis par des inquiétudes pour ne pas dire carrément terrorisée à l’idée de voir Alger décider de fermer les vannes, le gaz s’entend. Un scénario que les autorités algériennes n’ont, du reste, jamais imaginé, sachant que le contrat d’approvisionnement en gaz court, pour informations, jusqu’en 2032 et porte sur la fourniture de 35% des besoins espagnols en gaz et en GNL. 

C’est donc défoncer des portes ouvertes car prévu justement par le contrat commercial. Surtout, notre pays n’est pas sans savoir que ce genre de litiges (s’il y rupture unilatérale du contrat) se règle par l’arbitrage international, soit dans des juridictions étrangères spécialisées dans le droit international et le commerce extérieur.

Bien entendu, certains contrats ne peuvent pas être annulés comme ça, d’un coup de tête, fut-il pour des raisons de souveraineté nationale. En clair, les considérations politiques ne sont jamais prises en considération par ces tribunaux et ceci, l’Algérie le sait pertinemment.

Donc, on voit mal l’Etat algérien s’embrouiller dans de telles voies qui ne mènent pas à bon port sinon à perde d’avance l’affaire. Ce qui explique d’ailleurs les assurances du président de la République, selon lesquelles, notre pays continuera à honorer tous ses engagements pris dans ce contexte ; à charge pour les entreprises commerciales concernées d’assumer l’ensemble de leurs engagements contractuels.

Si l’Algérie est dans l’impossibilité d’annuler le contrat gazier avec l’Espagne, elle peut, en revanche, procéder à la révision des prix, assurent les experts en la matière qui font état de la possibilité de l’existence de certaines clauses allant dans ce sens et pouvant être mises en œuvre rapidement par la partie algérienne. C’est cette option qui affole en vérité l’Espagne eu égard aux lourdes conséquences qu’aurait cette mesure si elle venait à être appliquée, plus particulièrement les incidences financières sur l’économie ibère.

Déjà que l’Espagne s’apprête à faire une croix, du moins pour un bon bout de temps, sur un pactole de près de 3 milliards de dollars représentant le volume de ses exportations vers l’Algérie, une révision à la hausse des prix du gaz sera sans doute le coup de grâce pour le président du gouvernement Pedro Sánchez, déjà très décrié depuis son revirement sur la question du Sahara Occidental, source d’ailleurs de toute cette montée en créneau qu’il ne cesse d »essuyer dans son pays.

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