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A la une - Economie - 1 semaine ago

Le président Buhari acte le désintérêt des investisseurs occidentaux pour le projet du gazoduc vers le Maroc

Le président du Nigeria, Muhammadu Buhari, en fin de mandat, vient d’acter l’échec de la mobilisation des investisseurs pour un projet de gazoduc vers l’Europe en passant par 12 pays africains.

Dans un entretien accordé au site d’information américain Bloomberg, publié le mardi 21 juin, le président Nigérian qui répondait à une question portant sur les capacités de son pays à répondre à une partie de la demande européenne et profiter ainsi de l’actuelle crise, a clairement mis en avant sa déception quant aux probabilités d’aboutissement de ce projet qui devait traverser le Maroc.

«Nous avons besoin d’un partenariat à long terme et non d’incohérences et de contradictions sur la politique d’énergie verte du Royaume-Uni et de l’Union européenne», a-t-il lancé. Ne s’arrêtant pas là, Buhari vas plus loin en relevant que «les investissements sont entravés par leur moratoire général sur les projets gaziers à l’étranger, alors que chez eux, les mêmes projets sont classés comme verts».  Et d’ajouter : «cela n’aide pas leur sécurité énergétique, cela n’aide pas l’économie du Nigeria et cela n’aide pas l’environnement. C’est une hypocrisie qui doit cesser».

«Pour changer, le Royaume-Uni et les pays de l’UE devraient investir dans notre pipeline prévu de 4000 km pour acheminer le gaz nigérian – les plus grandes réserves d’Afrique – via le Maroc, puis vers l’Europe», souhaite-t-il.

Le président dont la fin du mandat est prévue pour février 2023 n’a fait aucune allusion à la réunion qui s’est pourtant tenue le même jour dans la capitale de son pays et qui a réuni les trois ministres de l’énergie de l’Algérie, du Nigeria et du Niger. Les trois responsables ont convenu de concrétiser la réalisation  » du projet du Trans-Saharan Gas-Pipeline (TSGP), une infrastructure régionale de portée internationale, permettant l’approvisionnement de l’Europe en gaz naturel et le développement socio-économique de ces trois pays.

Il a d’ailleurs été question de la nécessité de poser les premiers jalons de ce projet, à travers l’entame des études techniques, en prévision de sa concrétisation sur le terrain dans « les plus brefs délais ».

Par contre, pour le projet marocain défendu bec et ongle par le président Nigérian, il n’est un secret pour personne que non seulement il est infiniment plus compliqué mais aussi il est loin d’être économiquement viable. Ce gazoduc entre le Nigeria et le Maroc devait traverser 12 pays sur 4 000 kilomètres et une partie de l’Atlantique. Son financement n’est pas clair non plus. L’Algérie, en revanche, a les moyens et est disposée à financer une grande partie du gazoduc transsaharien.

Le président Buhari qui cumule également le portefeuille du pétrole semble avoir pris, tardivement conscience de ces différentes entraves lui qui a toujours défendu le tracé du gazoduc vers le Maroc, contrairement au ministre délégué au pétrole de cet Etat fédéral qui lui est favorable à un tracé vers l’Algérie, qui sera également un apport économique indéniable pour son pays et le développement de toute une région.

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