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A la une - Politique - 25 août 2022

Macron à Alger : Les frayeurs du makhzen

Le Makhzen ne s’y attendait pas. Pris de court, par l’annonce de  l’Elysée. Le président Emmanuel Macron en Algérie pour une visite officielle, qui s’étalera dans le temps, trois  jours, du 25 au 27 aout, plus que de coutume pour une visite d’Etat.

D’abord à Alger dès le 25 août, puis à Oran, accompagné par une forte délégation. Panique dans la cour du roi Mohamed VI. Quelques jours avant le voyage de Macron en Algérie, le souverain marocain se fond d’un discours assez curieux.

Dans son allocution du 20 août, le roitelet  a fait le point sur les « acquis » du Maroc sur la question du Sahara et a invité les partenaires « encore indécis » du Maroc à abandonner leurs positions « ambiguës » et à mettre fin à l’ambivalence dans un dossier crucial pour Rabat.

” Je voudrais adresser un message clair à tout le monde : le dossier du Sahara est le prisme à travers lequel le Maroc considère son environnement international ” a-t-il martelé désespérément.

Le pays d’Emmanuel Macron est bien visé. A lire entre les lignes, C’est, un appel désespéré de Mohamed VI à un soutien « plus clair de ses alliés », particulièrement la France. Il est un secret de polichinelle que de dire que le courant ne passe pas entre les deux chefs d’État. Le Maroc a été habitué à des relations privilégiées avec l’Elysée.

 Cependant, depuis l’arrivée de Macron à la tête de l’Etat français les relations entre les deux pays semblent avoir perdu de leur superbe. Agacement des dirigeants lorsqu’ils ont appris que  des numéros du président Emmanuel Macron et de membres du gouvernement français, dont l’ancien Premier ministre Édouard Philippe, ont été visés en 2019 par le Maroc selon l’organisation Forbidden Stories, un consortium de médias à l’origine des révélations sur le logiciel de surveillance Pegasus.

Une information du Monde  a révélé que ces numéros, dont celui de l’ancien Premier ministre Édouard Philippe et de 14 membres du gouvernement, figuraient « dans la liste des numéros sélectionnés par un service de sécurité de l’État marocain, utilisateur du logiciel espion Pegasus, pour un potentiel piratage ».

C’est que la confiance des  français envers le Makhzen a pris un sacré coup. Des personnalités politiques  françaises ont souligné l’extrême gravité de cet espionnage à grande échelle ».

L’indignation de certains élus a conduit Jean-Yves Le Drian, alors, ministre des Affaires étrangères avait déclaré devant le Sénat français que «les faits qui sont rapportés, s’ils sont avérés, sont d’une extrême gravité. La France a ordonné des investigations sur leur matérialité», avait-t-il révélé.

Cet épisode avait davantage miné les relations entre les deux capitales qui ne sont plus au beau fixe. Elles sont devenues un peu plus méfiantes. « « Il y a une inquiétude des Marocains envers une partie de l’élite française suspectée de bienveillance et jugés trop proches des milieux algériens », ont confié des observateurs de la scène politique maghrébine.

Bien plus maintenant, la visite du président Macron à Alger  suscitera nul doute des crispations, sinon des critiques au Maroc, où on estime que cela serait très malvenu si Alger entend tirer des avantages diplomatiques aux dépens du Maroc et de la position française sur la question du Sahara Occidental.  Sans doute  c’est ce qui effraie makhzen. Il semble bel et bien qu’un tournant sera amorcé dans les relations algéro-francaises au terme de la visite de Macron à Alger, avec un maitre mot : la réalpolitique et le pragmatisme.

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