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A la une - Politique - 24 août 2022

Macron demain à Alger : Asseoir une  coopération sur des bases sereines

Le président français Emmanuel Macron sera en Algérie à partir de demain  25 août jusqu’au 27 aout.Il  répond à l’invitation de son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune. Cette visite est destinée à relancer le partenariat entre les deux pays après plusieurs mois de crise. C’est ce qu’ a annoncé l’Élysée, samedi dernier.

«Ce déplacement contribuera à approfondir la relation bilatérale tournée vers l’avenir au bénéfice des populations des deux pays, à renforcer la coopération franco-algérienne face aux enjeux régionaux et à poursuivre le travail d’apaisement des mémoires », a déclaré la présidence française.

Les relations bilatérales algéro-françaises n’ont pas été toujours ce long fleuve tranquille et sont souvent  ponctuées de tensions.

Ses déclarations à l’automne 2021, ont  suscité l’ire d’Alger, provoquant le rappel de l’ambassadeur de l’Algérie à Paris lorsqu’il a évoqué le système algérien et la Nation algérienne suscitant la polémique.

C’est la seconde fois qu’Emmanuel Macron se rendra dans la capitale algérienne en tant que président de la République. La toute première fois, c’était au début de son premier mandat. Entre-temps que d’eau a coulé  sous les ponts. Pourtant, le début de son premier mandat a débuté sous de bons auspices.

En février 2017, lors d’un déplacement à Alger, Emmanuel Macron, alors candidat à l’Élysée, avait qualifié la colonisation de «crime contre l’humanité». De retour à Alger le 7 décembre 2017, quelques mois après son élection, il appelait à ne pas rester «otages» du passé et à bâtir des «relations beaucoup plus développées» entre les deux pays.

Depuis, il a multiplié les gestes mémoriels, reconnaissant la responsabilité de l’armée française dans la mort du mathématicien Maurice Audin ou de l’avocat nationaliste Ali Boumendjel, mais, sans aller jusqu’à présenter des excuses pour la colonisation française avant une très mauvaise passe et un nouveau coup de froid en septembre 2021, où l’Algérie avait alors rappelé pendant trois mois son ambassadeur à Paris.

Emmanuel Macron a finalement dû faire  part de ses «regrets» devant la polémique engendrée, afin d’étouffer la crise sérieuse engendrée par ses propos sur le système algérien et la nation algérienne.

La visite de ce jeudi devra, selon les observateurs, permettre de clore plusieurs mois de crise diplomatique sur la question mémorielle entre les deux pays.

Les enjeux des relations diplomatiques

Emmanuel Macron abordera, aussi les grands enjeux des relations diplomatiques entre la France et l’Algérie, notamment sur la question de la guerre en Ukraine et les conséquences de ce conflit sur l’approvisionnement en gaz des Européens à l’heure où nombre d’entre eux se tournent vers l’Algérie, l’un des dix premiers exportateurs mondiaux.

La question des visas depuis que Paris a décidé d’en réduire la délivrance tant que les autorités algériennes n’accepteront pas de reprendre leurs ressortissants expulsés par la France, sera une rude bataille pour les deux présidents et enfin la question mémorielle et la repentance, qui continue d’empoisonner les relations.

«En choisissant Alger comme destination pour le début de son mandat, le président Macron montre que l’Algérie est en train de revenir sur la scène régionale et internationale », relève Hasni Abidi, directeur du Centre d’études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen à Genève.

«L’Algérie ne peut pas non plus faire l’impasse sur une bonne entente avec Paris », estime-t-il, en pointant notamment l’importance du dossier du Sahara occidental aux yeux des Algériens face à leur voisin marocain. Au menu des discussions  sans doute, les crises au Mali et en Libye. Alger s’inquiétant de l’instabilité chronique de son voisin du Sud et les derniers développements survenus dans ce pays ne sont pour la rassurer et posent d’énormes problèmes d’insécurité au niveau de sa frontière avec le Mali. Nul doute que la crise libyenne sera également au menu des discussions.

Nul doute que les deux chefs d’État ambitionnent d’« œuvrer à une relation sereine et à une relance ambitieuse de la coopération bilatérale dans tous les domaines ». Les trois jours que durera la visite officielle de Macron seront-ils suffisants pour tourner  la page des malentendus et repartir sur de nouvelles bases ? Attendons pour voir.

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