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National - 23 novembre 2018

Relogement à Tipasa: des habitants disent NON

Les habitants de la cité « Hai El Asfel », vieux quartier de la commune côtière de Messelmoune construit au pied des monts, à une cinquantaine de kilomètres à l’ouest du chef-lieu de wilaya de Tipasa, refusent la décision des autorités locales de classer leurs maisons comme « cité d’habitat précaire » et de bénéficier d’appartements dans le cadre d’une opération de relogement.Une décision qui reste « en sursis » à ce jour, rapporte l’agence officielle, suite au refus des habitants concernés d’évacuer leurs maisons, classées précaires, pour certains, ou érigées de manière anarchique pour d’autres. Les occupants de ces maisons invoquent, selon les échos recueillis un «attachement» à leurs demeures ayant pour eux «une grande valeur sentimentale».
Le problème de ce quartier, s’étendant sur 8 hectares, se complique davantage, quand on sait, qu’il est situé dans l’assiette, déclarée, en vertu du décret présidentiel de 1988 « Zone d’expansion touristique (ZET) de Messelmoune (175 ha) », ce qui explique la non régularisation de la situation de ces habitations.
Historiquement, « Hai El asfel », est le premier quartier crée, par les autorités coloniales françaises en 1958 dans cette commune, à l’entrée-est de la ville. Sa création était inscrite, alors, dans le cadre du « projet de Constantine » visant à réunir des habitants d’un nombre de villages de la région de Bouhellal, dans une sorte de camp de concentration facile à contrôler, au vu de la force des actions de résistance dans cette région révolutionnaire, comptant plus de 700 chahid.
Selon Mme Chouiter Fatma Zahra, chef de daïra de gouraia, ce quartier est concerné par le programme d’éradication de l’habitat précaire à Messelmoune, visant la distribution de prés de 600 logements. La responsable a souligné son inscription  au titre de ce programme, sur la base de plusieurs considérations liées notamment aux « demandes exprimées par un nombre d’habitants de cette cité, pour être relogés », et à la « situation précaire de certaines habitations », a-t-elle assuré.
« Notre soucis est la préservation de la santé des citoyens, du fait que le quartier est mitoyen à Oued Messelmoune, outre le problème de rejet des eaux usées, dans une partie de ce quartier », explique la responsable locale.
A noter que le programme d’éradication de l’habitat précaire stipule la démolition des logements, dés leur évacuation par leur occupants, d’où le refus exprimé par les habitants de « Hai El Asfel », d’être relogés.Néanmoins, la décision finale de l’éradication du quartier et le relogement de ces habitants revient au wali, nouvellement installé à la tête de Tipasa. « Cette décision sera basée sur les résultats du travail de la commission de wilaya, au cas par cas et en toute transparence », a-t-elle dit.Un véritable « casse-tête » pour les autorités locales, à cause des problèmes rencontrés dans le règlement de la situation des constructions, dans le cadre de la loi 15/08, dont notamment en matière de délivrance du permis de construction ou d’introduction des dossiers de conformité.
Les habitants de cette cité fondent de grands espoirs sur « une compréhension » de la part des autorités locales, pour leurs revendications, jugées « légitimes », selon eux, car visant la « préservation de la mémoire collective et de l’histoire de leur quartier », affichant leur « détermination à ne pas quitter les lieux », revendiquant un « déclassement et une régularisation juridique » du site.

Louisa Ben

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