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A la une - Monde - 15 juin 2022

Visite « médicale » de Mohamed VI en France : le makhzen malade de son roi

Le roi du Maroc, Mohamed VI s’est envolé pour la France, mercredi 1er juin dans le cadre d’un déplacement privé. Ce voyage, dont la durée n’a  pas  été précisée,  pour un pays  européen est la première sortie  du monarque chérifien depuis la fin du Covid-19, intervient dans une conjoncture bien particulière sur les plans  économique et social. Le front social bouillonne  depuis des mois et l’économie est durement frappée par la pandémie du Covid-19.

Toujours est-il que ce voyage en France, privé insiste-t-on du côté du Makhzen, pose de nombreuses questions, surtout en cette période désolation socio-économique que traverse le royaume chérifien. Les mouvements de grève et de protestation impliquant plusieurs secteurs sont loin de s’estomper. La colère du front social monte crescendo. Une grève nationale dans la fonction publique, prévue le 20 juin.

La décision de l’Algérie de rompre ses relations avec le Maroc a un réel impact sur la santé économique du royaume. Que cache, alors, cette escapade gauloise ? Serait-t-elle liée à son  état de santé qui s‘est de nouveau dégradé ? La santé du roi Mohammed VI inquiète. Le souverain est apparu récemment amaigri et très fatigué, illustré par sa politique douteuse et parfois franchement hasardeuse et le transfert du centre de décision vers les services de sécurité.

L’affaire du Sahara Occidental, hante la monarchie, jusqu’à l’obsession, et les services. Elle est devenue référent central de la politique intérieure et extérieure et un test qui sert à jauger l’amour du pays des uns et la déloyauté des autres. Une fièvre obsessionnelle qui  est axée autour du Sahara est au centre de toute la politique sécuritaire et des relations avec les autres nations.

La sortie de l’ambassadeur du Maroc aux Nations-Unies avec «l’indépendance» de la Kabylie.  Des guerres diplomatiques vaines contre l’Allemagne d’abord, ensuite l’Espagne ayant pour cause les positions de ces deux européens vis-à-vis de la question du Sahara Occidental. Avec les espagnols ce fut lors du débarquement juvénile à Ceuta et une humiliation de voir ses enfants jetés à la mer pour exercer une pression sur Madrid concernant l’immigration clandestine.

L’affaire Pegasus vient encore prouver que la même fièvre obsessionnelle autour du Sahara. Le célèbre journaliste marocain, Ali Lamrabet,  repris par les  médias, est catégorique. «Les vents ne sont pas favorables au régime. Le Palais royal et ses services secrets sont sortis affaiblis des multiples fronts qu’ils ont ouverts ces derniers mois», retient le journaliste qui pointe les travers d’un régime très peu enclin à des pratiques démocratiques.

«Les violations systématiques des droits humains et les grossières accusations visant des journalistes indépendants ont donné une bien piètre image d’un Maroc allié et soutien de l’Occident», révèle le journaliste, qui met en évidence l’échec des deux offensives diplomatiques contre l’Allemagne et l’Espagne.

«Le bras de fer avec Madrid après l’hospitalisation du chef du Front Polisario Brahim Ghali en Espagne et le déferlement provoqué par Rabat de citoyens marocains sur Ceuta a aussi été remporté par l’Espagne», constate-t-il. Face à l’Allemagne, Lamrabet souligne l’attitude ferme de Berlin qui a refusé «de faire pression sur sa magistrature pour que des poursuites criminelles soient engagées contre le Germano-Marocain Mohamed Hajib, bête noire des services secrets marocains».

Ce revers diplomatico-judiciaire vient s’ajouter au refus de l’administration Biden d’ouvrir un consulat à Dakhla, «comme cela avait été promis par Donald Trump, ni reconnaître explicitement la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental», indique le journaliste. La Confédération générale du travail (CGT), l’Organisation démocratique du travail (ODT) et la Fédération des syndicats démocratiques (FSD) viennent pour leur  part d’appeler à une grève nationale le 20 juin.

Les secteurs qui risquent d’être touchés par cette paralysie sont les établissements publics, les collectivités territoriales et le secteur du transport et de la logistique. Cette action a pour objectif de protester contre la flambée des prix et de « commémorer l’anniversaire du mouvement du 20 juin 1981, connu sous le nom des émeutes du pain ».

Dans un communiqué conjoint, ces trois syndicats critiquent le gouvernement dont la politique « anéantit les acquis de la classe ouvrière et son droit à un niveau de vie décent ». Ils tiennent pour responsable l’Exécutif de « l’atteinte à la stabilité sociale » et protestent contre la « régression des conditions de vie des classes pauvres de la société et les hausses continues des prix du carburant et des produits de consommation ».

Ces mouvements de contestation font suite à d’autres actions initiées depuis plusieurs jours pour dénoncer la politique du Makhzen. Le 29 mai dernier, des milliers de Marocains sont sortis manifester à Casablanca contre la cherté de la vie, l’oppression et la normalisation des relations avec l’entité sioniste malgré l’interdiction et un lourd dispositif sécuritaire. Le 20 juin 20’22 risque d’être particulièrement chaud dans le royaume de notre « ami » le roi.

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